24 Place 
Beaumarchais
 
Écriture Adèle Gascuel
Mise en scène Catherine Hargreaves
sur un projet initié par Brahim Koutari









































































CRÉATION 7 OCTOBRE 2025
MC2 : Grenoble

Théâtre tout public
Durée estimée :  1h10

Dossier Artistique
Brahim a grandi à Échirolles - dans la ZUP, zone huppée de Grenoble - son quartier. Très jeune, les contrôles policiers lui apprennent ce qu'on attend de lui, comme de tous les Arabes de banlieue semblerait-il : voler, être contrôlé, dealer, être contrôlé, aller en prison, recommencer. Pourtant, Brahim rêve d'ailleurs. Il se voit footballeur.
Il se forme comme électricien. À force de persévérance et de ténacité, c'est finalement le théâtre qui lui permettra de donner forme à ses rêves... et de raconter son amour du quartier.

Parcours d'un jeune homme arabe et musulman de France, ce récit de vie évoque autant la difficulté à s'imaginer un avenir quand on grandit dans un territoire apparemment oublié de la République, que l'improbable rencontre avec le théâtre, dans un milieu où le jeune homme ne se sent pas non plus toujours à sa place. C'est aussi l'occasion de parler d'amour, de foi, d'entraide et de fierté.


Production
MC2: Maison de la Culture
de Grenoble - Scène nationale,
Cie les 7 soeurs

Soutien 
Ville d'Échirolles, Théâtre National Populaire de Villeurbanne, Théâtre Ouvert - Centre national des dramaturgies contemporaines
Texte
Adèle Gascuel
avec la complicité de Brahim Koutari

Mise en scène
Catherine Hargreaves
en collaboration avec Adèle Gascuel

Jeu
Brahim Koutari

Scénographie
Benjamin Lebreton

Lumière
Stéphanie Daniel

Son
Patrick Jammes




Représentations 7 au 17 oct. 2025 / MC2: Grenoble 
6 au 16 nov. 2025 / Théâtre Gérard Philippe, Saint-Denis
17 mars 2026 / La Rampe, Échirolles
8 et 9 avril 2026 / Comédie de Colmar



Répétitions5 au 16 mai 2025 / MC2: Grenoble  8 sept. au 6 oct. 2025 /  MC2: Grenoble


Contrôle
C’est bon ?
Vous êtes prêts ?
Regardez.
Je mets un col roulé, un jean, un beau manteau.
Ouais, vous y êtes ?
Tout le monde, vous êtes sûrs ?
Pas facile, hein pas facile, Brahim sans ses survêts, mais allez-y ! Vous croyez quoi, que c’est encore l’Arabe de service qui va faire tout l’boulot ici ? Ben non ! Hé, trop facile !
Faut bosser un peu, que tout le monde charbonne ici.
C’est bon ?
Vous y êtes ?
Vous m’avez mis le col roulé ?
Le jean, le beau manteau ?
Ok.
Alors, maintenant...
Est-ce que vous croyez que là, ça passe ? Ça passe ou ça passe pas ? Ça passe ?
Est-ce que là, je me fais contrôler ? Contrôle ?
Pas contrôle ?
Contrôle.
Évidemment. Évidemment contrôle. Toujours. (...)

Depuis le premier contrôle à quatorze ans, comme un rituel de passage, nous sommes désormais disponibles à être régulièrement palpés, touchés par la main des condés. De jour, de nuit, semaine après semaine et jours fériés.

 
Devenir Acteur

Brahim énonce les questions comme s’il tapait sur Google.
Comment devenir acteur ?
Comment devenir acteur quand sa famille n’est pas connue ?
Comment devenir acteur quand on est pauvre.
Comment faire une formation théâtre quand on est pauvre.
Est-ce que ça coûte cher de devenir acteur.
Combien de pourcentage de réussite.
Si on réussit pas, est-ce que c’est vrai que je finis à la rue?
Parcours Tom Hanks.
Parcours Di Caprio.
Parcours George Clooney – Ah ben lui, il a mis vingt piges à réussir. Ben voilà. Faut pas désespérer.

Au bout de deux mois, mort de trouille, je me lance :
 « Maman, papa, j’ai envie de faire ça. »
J’entends déjà la réponse de ma mère :
« Brahim, ya rabbi. Tout mais pas ça.
Va travailler correctement, s’il te plait. » 
... mais sa voix sort, et elle dit : 
« Ben oui. Vas-y. Fais-toi plaisir, trouve ton bonheur mon fils. »

Mon père prend le temps. Il pense :
ça lui passera. Il pense : c’est bien gentil mais lui, Brahim, un enfant des cités, un musulman avec ses principes et sa foi, un Arabe avec sa langue du quartier et sa colère et ses flammes, comment est-ce qu’il pourrait trouver sa place ?

Mon père connait mieux que moi l’ampleur de la montagne que je me propose de gravir.

Alors un jour dans la cuisine, il me propose un pacte. « Lance-toi, vas-y. Essaie. Mais si à vingt-cinq ans, tu n’as pas de revenu de ce métier, tu peux garder le théâtre comme hobby, mais tu travailles. Tu gagnes ta vie. »




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